J'ai trouvé ceci sur le site des Inrocks. Très bon compte rendu qui résume bien cette belle soirée...
Il s’est passé quelque chose hier soir sur la scène de la
Boule Noire parisienne ; une sorte de passation de pouvoir musical, même
si les deux partis concernés n’ont pas foncièrement grand-chose à voir. The
Delano Orchestra, jeune groupe à l’avant-garde de ce que l’on ose désormais appeler
la scène Clermontoise (Cocoon, St Augustine, The Elderberries…) y présentait
son très beau premier album
A little
girl, a little boy and all the snails they have drawn.
Le groupe, mené par le charismatique Derek Delano, a profité
de ce premier « vrai » concert parisien pour inviter ses amis, et
notamment le songwriter américain Ken Stringfellow. Ce gaillard, la quarantaine
bien tapée, est l’un des membres originaux des Posies, groupe de power pop
américain culte qui eut son heure de gloire au début des années 90 et qui
depuis s’est lancé dans une belle carrière solo, émaillée de reformations épisodiques
de son groupe d’origine ou de missions d’intérim chez R.E.M. ou Big Star
(excusez du peu).
L’américain expliquera au cours de la soirée que son amitié
avec les jeunes clermontois date d’une longue soirée musicale à la Coopérative
de Mai, célèbre salle de Clermont, où ces musiciens ont passé une bonne partie
de la nuit à jouer et rejouer le répertoire des uns et des autres, dans une sorte
de beuverie musicale fusionnelle. Lorsque Ken raconte ça, non seulement on y
croit, mais on aurait rêvé être là, cette nuit là, à vivre avec eux ce moment d’exception.
Après avoir remercié le public de ne pas être allé à la
Cigale (la salle au dessus de la Boule Noire) pour le concert de l’ancienne
Nouvelle Star Christophe Willem, les Delano Orchestra ont, en un peu plus d’une
heure, déroulé une bonne partie de leur premier album et même un peu plus
encore. Si sur album, la musique du groupe privilégie l’intimité et le
recueillement folk, sur scène, ces musiciens n’hésitent pas à faire s’envoler
leurs compositions dans une électricité salvatrice. La voix de Derek, simple
filet au souffle cassé sur album, ose et s’impose ici, allant parfois jusqu’à
la rupture. De la lente montée de
Frozen
lake en introduction, au sublime
Kill
me twice ry en passant par le plus
agitée
Lucky Star, The Delano
Orchestra s’affirme comme un groupe d’ambiance, parfaitement maître du fragile
équilibre de ses compositions.
Sur la fin du concert, Ken Stringfellow rejoindra la scène
pour accompagner le groupe au piano. La transition se fera ainsi en douceur
entre l’univers sous influences des Delano Orchestra à celui, plus mature, plus
aguerri, de Ken Stringfellow. Là où les jeunes français laissent transpirer
dans leurs chansons un spleen adolescent, respirant un certain mal être comme l’espoir
d’un devenir meilleur, le « daron », une fois aux commandes de la
soirée, égrènera au piano des complaintes pop à la franchise déroutante. Des
histoires de ruptures, de vies ratées, de regrets. Entre les deux, il y a bien un
sacré fossé générationnel mais lorsque le Delano Orchestra au grand complet
rejoindra Ken sur scène, la magie opère, comme si, au fond, leur musique
exprimait un même sentiment.
Particulièrement poignante, cette fin de soirée restera
comme l’un des beaux moments musicaux de ce début d’année. Et en attendant de
retrouver sur lesinrocks.com une session live enregistrée en compagnie des Delano
Orchestra, on ne peut que vous conseiller d’aller voir le groupe sur scène.
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